Sécuriser vos placements
Vérifier la santé financière d’une entreprise avant d’y placer un apprenti
Un employeur qui dépose le bilan en février, c’est un apprenti à replacer en pleine année, une place vide sur une section qui tenait à peu de chose, un conseiller qui repart en prospection au pire moment, et une recette qui s’arrête au milieu du contrat. Personne ne peut l’empêcher. Mais on peut le voir venir, et surtout, on peut éviter de placer un jeune, en septembre, dans une entreprise déjà en procédure.
Le taux de rupture brute des contrats d’apprentissage s’établissait à 33 % pour les contrats de 2022, contre 27 % avant la crise sanitaire, et 22 % des contrats commencés en 2024 ont été rompus dans leurs neuf premiers mois, contre 17 % en 2019. Toutes les ruptures ne sont pas économiques. Mais celles qui le sont étaient, souvent, lisibles à l’avance.
Sources : DARES, séries longues du contrat d’apprentissage, publication du 27 février 2026 (nouvelle fenêtre)
Le problème
Une rupture pour défaillance, ce n’est plus seulement un problème pédagogique
Depuis le décret n° 2025-585 du 27 juin 2025, le NPEC n’est plus versé au CFA en une fois : il l’est 40 % d’avance, 30 % au 7ᵉ mois, 20 % au 10ᵉ mois, puis le solde, soit 10 %, le tout au prorata temporis (code du travail, art. R. 6332-25 III (nouvelle fenêtre)). Le contrat qui s’interrompt en février n’est pas payé comme un contrat qui va au bout. Et le solde de la dernière année n’est versé qu’après transmission de la facture, de l’attestation de réalisation et des justificatifs, dans les quatre mois suivant le terme du contrat : passé ce délai, il n’est pas dû.
Additionnez ce que coûte réellement une défaillance d’employeur en cours d’année :
- La recette du contrat, arrêtée au prorata des jours effectués.
- Le temps de replacement : un conseiller qui reprend un dossier déjà placé, en janvier, sur un bassin déjà travaillé.
- Le risque de décrochage de l’apprenti, qui vient de perdre son entreprise en cours d’année.
- Le taux de rupture de l’établissement, qui sera bientôt lu par tout le monde : la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 créera une obligation de publier les taux de réussite et d’insertion (article L. 6353-12). Elle n’est pas encore applicable : sa date d’entrée en vigueur est fixée par décret, au plus tard le 25 juin 2027.
La FNADIR, qui fédère les directeurs de CFA, estimait dans son manifeste du 12 janvier 2026 que la proratisation du financement des contrats aurait amputé de 3 à 5 % le chiffre d’affaires des CFA de son réseau. Dans ce contexte, un contrat qui casse au milieu n’est pas un incident : c’est une ligne en moins.
Une précision qui joue contre nous, et qu’il faut donner quand même : toutes les ruptures ne sont pas des abandons. La DARES mesure une rupture nette de 18 % pour les contrats de 2021, contre 32 % de rupture brute, parce que 43 % des contrats rompus sont suivis d’un retour en apprentissage dans les six mois. Le jeune, souvent, repart. Le coût pour le CFA, lui, reste entier : le replacement est à faire, la place est vide entre-temps, et la recette du contrat interrompu s’arrête.
Vérifier la solidité d’une entreprise avant d’y placer un jeune, ce n’est pas de la défiance. C’est de la protection de trésorerie.
La réponse
Le signal arrive à vous, pas l’inverse
Les annonces légales, rattachées à vos entreprises
Le BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales) publie les événements de la vie des entreprises : procédures de sauvegarde, redressement, liquidation, et les autres inscriptions au registre du commerce. C’est une information publique, gratuite, et que personne n’a le temps d’aller consulter entreprise par entreprise.
L’objection principale
Ce n’est pas un scoring, et personne n’est mis sur liste noire
Une entreprise en difficulté n’est pas une entreprise à écarter. Beaucoup de très bons maîtres d’apprentissage passent par des années compliquées, et une TPE qui traverse une mauvaise saison forme aussi bien qu’une autre. Il ne s’agit pas de trier vos partenaires : il s’agit de savoir.
Savoir change trois choses, concrètement :
- On ne place pas un apprenti dans une entreprise en liquidation le mois même où l’annonce est parue. Cela paraît évident ; sans l’information, ça arrive.
- On prépare le suivi : un contrat signé dans une entreprise fragile mérite une visite plus tôt et un contact plus régulier avec le maître d’apprentissage.
- On anticipe le replacement au lieu de le subir. Un apprenti dont on sait, en novembre, que l’employeur vacille, se replace beaucoup mieux qu’un apprenti prévenu en février.
L’information est publique. La seule chose que Pyramide ajoute, c’est de vous l’apporter rattachée au bon dossier, au bon moment, au lieu de vous laisser la chercher entreprise par entreprise, ce que personne ne fait.
La preuve
Une rupture évitée, c’est un indicateur qui tient et une recette qui rentre
Un CFA est jugé sur son taux de placement, son taux de rupture et son taux d’insertion. Les deux premiers se pilotent au quotidien ; le troisième se subit.
Chaque rupture évitée est à la fois un apprenti qui va au bout, un indicateur qui tient, et une recette qui rentre en entier. C’est le même mouvement.
Objections
Questions fréquentes
Deux sources publiques suffisent à l’essentiel : les annonces légales du BODACC, qui publient les procédures de sauvegarde, de redressement et de liquidation, et les comptes annuels déposés, qui donnent la tendance du chiffre d’affaires, du résultat et des effectifs. L’enjeu n’est pas d’y accéder (c’est gratuit) mais de rattacher ces informations à votre portefeuille automatiquement, et de pouvoir agir dessus. Dans Pyramide, l’information est actionnable en temps réel depuis l’application, sur la fiche de l’entreprise.
Le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales. Il publie les événements de la vie juridique des entreprises : immatriculations, modifications, ventes et cessions, et surtout procédures collectives. C’est une publication officielle et publique.
Le contrat est rompu, l’apprenti doit être replacé, et la place occupée sur la section devient vacante. Financièrement, depuis le décret n° 2025-585 du 27 juin 2025, le NPEC étant versé au prorata temporis selon un calendrier fractionné (40 % d’avance, 30 % au 7e mois, 20 % au 10e mois, puis le solde, soit 10 %), la recette du contrat s’arrête avec lui.
Non. Il n’y a ni score de risque, ni liste noire. L’information publique est rendue visible sur la fiche de l’entreprise et au moment où une décision de placement se prend. La décision reste au conseiller et à la direction.
C’est fréquent, notamment chez les TPE, qui sont une part importante du tissu d’accueil en apprentissage. Dans ce cas, les annonces légales restent disponibles et constituent le principal signal exploitable.
Passons votre portefeuille au crible, en direct
45 minutes : on regarde vos entreprises partenaires, et ce que les annonces publiques disent d’elles aujourd’hui.