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Outils et intégrations

CRM, ERP ou ATS : de quel outil un CFA a-t-il besoin ?

Trois familles d’outils, trois questions différentes. Comprendre laquelle vous manque évite d’acheter une deuxième fois ce que vous avez déjà, ou de remplacer ce qui fonctionne.

Saïd TamirMis à jour le 4 min de lecture

Trois catégories d’outils, trois questions différentes

La question « faut-il un CRM pour un CFA ? » est mal posée, et c’est ce qui rend les réponses confuses. Il existe trois familles d’outils, et chacune répond à une question distincte :

  • l’ERP (le progiciel de gestion, type Yparéo) répond à « le dossier est-il conforme ? » ;
  • le CRM (la gestion de la relation client) répond à « où en est cette relation ? » ;
  • l’ATS (le suivi des candidatures) répond à « où en est cette candidature ? ».

Un CFA a besoin des trois questions. Il n’a pas besoin de trois outils, mais il a besoin de savoir laquelle des trois n’a pas de réponse chez lui.

L’ERP répond à « le dossier est-il conforme ? »

C’est le socle administratif : inscription, contractualisation, Cerfa, sessions, groupes, emplois du temps, émargement, facturation, financements, certification.

Sa qualité première est la rigueur : rien ne se perd, tout est justifiable. Sa limite tient à la même qualité : il est construit autour du dossier, pas autour de l’action du jour. Il vous dira qu’un apprenant n’a pas de contrat ; il ne vous dira pas qui appeler cet après-midi pour que ça change.

C’est aussi l’outil qu’il ne faut pas remplacer. Le changer coûte cher, mobilise l’équipe pendant des mois, et ne résout pas le problème de placement.

Le CRM répond à « où en est cette relation ? »

Un CRM organise la relation avec une organisation : contacts, historique des échanges, opportunités, relances.

Pour un CFA, c’est utile côté entreprises : savoir qui décide, ce qui s’est dit la dernière fois, quelles entreprises n’ont pas été contactées depuis six mois. C’est exactement le besoin d’un chargé de relations entreprises.

Sa limite est que le CRM généraliste ne connaît rien de votre métier. Il a des « prospects », des « affaires » et des « devis ». Il n’a ni apprenti, ni maître d’apprentissage, ni rythme d’alternance.

L’ATS répond à « où en est cette candidature ? »

Un ATS suit un candidat de la candidature à l’embauche : réception, tri, entretiens, décision.

Il est conçu pour un employeur qui recrute pour lui-même. Le CFA, lui, est dans une position à trois : il ne recrute pas pour son compte, il apparie un candidat et une entreprise, tout en gardant une obligation d’accompagnement du candidat. Un ATS classique ne modélise pas ce triangle.

Ce qu’un CRM généraliste ne sait pas faire pour un CFA

C’est le vocabulaire qui trahit l’inadéquation. Un outil qui ne connaît pas ces notions vous obligera à les recréer, et à les maintenir à chaque réforme :

Tableau : Notion métier, Ce que c’est, Ce qu’un CRM généraliste en fait
Notion métierCe que c’estCe qu’un CRM généraliste en fait
Niveau de prise en chargeLe montant versé par l’opérateur de compétences, révisé par brancheUn champ libre
Période probatoire de 45 joursLe délai pendant lequel la rupture est facilitée, et qui conditionne la facturationRien
Délai de 3 moisLe temps dont dispose un apprenti pour trouver un employeurRien
RuptureUn événement qui rouvre un besoin de placement et modifie la recetteUne opportunité « perdue »
Maître d’apprentissageLa personne qui accueille au quotidien, distincte du décideurUn contact parmi d’autres
UFA, Cerfa, OPCO, IDCCLe langage courant de votre métierDes champs personnalisés à créer

Ce n’est pas un défaut de conception : ces outils sont faits pour vendre des produits à des sociétés. C’est simplement un autre métier.

Ajoutez-y une conséquence pratique : chaque évolution réglementaire (la participation de 750 € pour les niveaux 6 et 7 depuis le 1ᵉʳ juillet 2025, le versement en 40 / 30 / 20 puis le solde, soit 10 %, au prorata temporis) devient un chantier de paramétrage chez vous, alors qu’elle devrait être un sujet d’éditeur.

Pourquoi Yparéo et un outil de placement ne s’opposent pas

C’est le point qui déclenche le plus de malentendus en réunion.

Yparéo est le système d’enregistrement. Pyramide est le système d’action.

Yparéo répond à « le dossier est-il conforme ? ». Un outil de placement répond à « qui je relance aujourd’hui pour placer ce jeune avant la fin des trois mois ? ». Les deux sont nécessaires, et ils ne se recouvrent pas.

Concrètement : les Cerfa, la facturation, les sessions et la certification restent dans l’ERP. La qualification, les mises en relation, les relances et le pilotage du placement vivent au-dessus, connectés. Ce qui circule entre les deux et dans quel sens est décrit dans ce qui se synchronise, et dans quel sens, et le fonctionnement du connecteur sur comment un outil de placement se branche sur Yparéo.

Comment savoir de quoi vous avez besoin

Quatre questions, à poser à votre équipe cette semaine. Chaque réponse négative désigne un manque précis.

  1. Pouvez-vous sortir en dix secondes la liste des profils envoyés il y a plus de trois jours sans réponse ? Sinon, il vous manque la couche de suivi des mises en relation.
  2. Savez-vous, sans appeler personne, quelles entreprises n’ont pas été contactées depuis six mois ? Sinon, il vous manque la couche relation entreprise.
  3. Connaissez-vous le nombre de candidats sans contrat et le nombre de jours qu’il leur reste ? Sinon, il vous manque le suivi du délai légal.
  4. Vos chiffres de placement se recalculent-ils sans ressaisie ? Sinon, votre pilotage repose sur du recomptage manuel, donc sur une personne.

Si les quatre réponses sont oui, vous n’avez besoin de rien. Si trois sont non, ce n’est ni un CRM ni un ATS qu’il vous faut : c’est une couche de placement connectée à ce que vous avez déjà, voir une plateforme conçue pour le placement en alternance, et comparer les outils du marché pour la mise en perspective.

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande le plus souvent

  • Cela dépend de ce que vous en attendez. Pour stocker des coordonnées et une convention collective, oui. Pour savoir qui relancer aujourd’hui, avec quel candidat et sur quelle offre, généralement non : ces modules sont conçus comme un référentiel, pas comme un plan de travail.

    Le test est simple : demandez à un conseiller de sortir en dix secondes la liste des profils envoyés il y a plus de trois jours sans réponse.

  • À l’abonnement, souvent oui. Au coût total, rarement : il faut créer les objets métier qui n’existent pas (candidat, offre, mise en relation, contrat d’alternance), les faire évoluer à chaque réforme, et former les équipes à un vocabulaire qui n’est pas le leur.

    Le coût réel d’un CRM généraliste, c’est le paramétrage permanent, et la personne qui le porte.

  • Non, et c’est la réponse la plus importante de cet article. Votre ERP porte la contractualisation, la facturation, les sessions et la certification. Le remplacer serait un projet lourd, risqué, et sans rapport avec le problème que vous cherchez à résoudre.

    Ce qui manque en général, c’est la couche d’action au-dessus, branchée dessus.

  • C’est un point de départ légitime, et beaucoup de services fonctionnent ainsi. La limite apparaît quand plusieurs personnes saisissent : les statuts divergent, personne ne sait quelle version fait foi, et les chiffres deviennent indéfendables.

    Avant de choisir un outil, formalisez votre processus sur le tableur. Un processus flou ne se règle pas par un logiciel.

Vous voulez voir ce que ça donne sur vos dossiers ?

On ouvre la plateforme sur votre cas : vos candidats, vos entreprises, vos relances en retard. Pas de diaporama.