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Placement et sourcing candidat

Organiser une JPO de CFA qui remplit vos sections

Une JPO ne produit pas des inscrits : elle produit des contacts, et ces contacts refroidissent en une semaine. Le rétroplanning complet, de J-45 aux quinze jours qui décident de tout.

Saïd TamirMis à jour le 5 min de lecture

Une JPO ne se juge pas au nombre de visiteurs

Une journée portes ouvertes réussie n’est pas une journée où il y avait du monde. C’est une journée après laquelle des candidatures arrivent.

Cette distinction change toute l’organisation. Elle déplace l’effort de la logistique du jour J (qui occupe l’essentiel des réunions de préparation) vers deux moments beaucoup moins travaillés : la qualification pendant l’événement, et les quinze jours qui suivent.

Le rétroplanning ci-dessous est écrit pour être appliqué avec un tableur et une boîte mail. L’outillage fait gagner du temps ; il ne remplace aucune de ces étapes.

J-45 : Fixer le format et le rétroplanning

Trois décisions à prendre en une réunion d’une heure, et à ne plus rouvrir ensuite.

  • Le public visé et le format. Une JPO pour des lycéens accompagnés de leurs parents ne se conçoit pas comme une session d’information pour adultes en reconversion. Choisissez : mieux vaut deux événements courts qu’un événement qui ne parle à personne.
  • Les formations mises en avant. Toutes vos formations n’ont pas le même besoin de remplissage. Celles qui sont en tension méritent la meilleure salle et le meilleur intervenant.
  • Qui fait quoi. Un responsable de l’événement, un responsable des inscriptions, un responsable du suivi d’après. Le troisième est celui qu’on oublie, et c’est celui qui décide du résultat.

Bloquez dès maintenant, dans les agendas, les créneaux d’entretien de la semaine suivant la JPO. C’est le geste le plus rentable du rétroplanning.

J-30 : Ouvrir les inscriptions en ligne

L’inscription doit tenir en un formulaire court : identité, contact, formation qui intéresse, créneau souhaité. Chaque champ supplémentaire coûte des inscriptions.

Deux points techniques qui font la différence : les créneaux se ferment automatiquement quand ils sont pleins, et chaque inscription déclenche immédiatement une confirmation contenant date, heure, adresse précise et personne à demander à l’accueil.

Surtout, l’inscription doit créer un contact dans votre base, pas seulement une ligne dans un tableur. C’est cette continuité qui permettra la suite.

J-15 : Construire les temps forts de la journée

Une JPO sans temps forts est une file d’attente devant des stands. Trois formats fonctionnent :

  • La démonstration de métier. Vingt minutes, un geste technique, un apprenti actuel qui montre. C’est ce dont les familles parlent en rentrant.
  • La parole des apprentis. Une table ronde de trois apprentis en poste, sans encadrant qui reformule. Les questions posées ne seront pas celles que vous attendez, et c’est le but.
  • La présence d’un maître d’apprentissage. Un employeur qui explique ce qu’il attend d’un alternant vaut toutes les plaquettes.

Affichez les horaires de ces temps forts à l’entrée : ils structurent la visite et allongent le temps passé sur place.

J-7 : Confirmer, relancer, réduire l’absentéisme

À sept jours, deux listes à traiter : les inscrits, à qui l’on envoie un rappel avec le créneau nominatif ; les intéressés non inscrits (ceux qui ont ouvert le formulaire sans le finir, ou qui ont posé une question par téléphone), à qui l’on propose directement un créneau.

La veille, une confirmation active : « répondez oui pour confirmer votre venue ». Elle est plus efficace qu’un rappel passif parce qu’elle demande un geste, et elle vous donne le nombre réel de présents attendus.

Les modèles de message correspondants sont dans les modèles de confirmation et de relance.

Jour J : Qualifier pendant l’événement, pas après

C’est le point où la plupart des JPO perdent leur valeur : on collecte des noms sur une feuille, et on qualifie trois semaines plus tard, quand plus personne ne se souvient de rien.

Faites l’inverse. Chaque conseiller qui a une vraie conversation note, sur le moment, quatre informations : la formation visée, le niveau actuel, la commune de résidence, et la prochaine action convenue. Quatre lignes, prises en trente secondes, à la fin de l’échange.

Cette prise de note transforme un visiteur en candidat identifié. Le reste (pièces, projet, mobilité) se traitera à l’entretien, avec la checklist de qualification.

Jour J : Proposer des mises en relation immédiates

Si vous avez des offres d’entreprises ouvertes le jour de la JPO, dites-le, affichez-les, et proposez sur place un rendez-vous à ceux dont le profil correspond.

L’effet est double : le visiteur repart avec quelque chose de concret plutôt qu’avec une plaquette, et vous obtenez un engagement (une date) pendant qu’il est encore là. C’est ce qui distingue une JPO d’un salon.

J+1 à J+15 : Le moment où la JPO se gagne ou se perd

Voici la vérité utile de ce guide : une JPO produit des contacts, et un contact refroidit en une semaine. Les quinze jours qui suivent valent plus que la journée elle-même.

Le calendrier qui fonctionne :

  • J+1. Un message à tous les présents, avec ce dont vous avez parlé et la prochaine étape concrète. Pas une lettre d’information : un message court, personnalisé sur la formation évoquée.
  • J+2. Un message aux inscrits absents. Proposez une visite individuelle ou un échange téléphonique. Une partie d’entre eux étaient réellement intéressés et ont eu un empêchement.
  • J+3 à J+7. Les appels. Priorité aux profils qui correspondent à des formations en tension et à des offres d’entreprises ouvertes.
  • J+15. Le point de bilan : combien de candidatures déposées, combien d’entretiens tenus, combien de contacts sans suite. Ceux qui n’ont rien donné entrent dans votre base pour la campagne suivante, ils ne disparaissent pas.

Quels indicateurs regarder après une JPO

Quatre chiffres, mesurés à chaque édition, comparés à vos propres éditions précédentes :

  1. Inscrits sur objectif. Il juge votre communication, pas votre événement.
  2. Présents sur inscrits. Il juge vos rappels et le délai entre inscription et événement.
  3. Contacts qualifiés sur présents. Il juge l’organisation du jour J, et notamment le nombre de conseillers réellement disponibles pour parler.
  4. Candidatures déposées à J+15 sur présents. Le seul qui dise si la JPO a servi à quelque chose.

Ces quatre indicateurs s’intègrent naturellement dans le tableau de bord général : voir mesurer ce que produit un événement et, pour la partie outillée (inscriptions, créneaux, émargement, relances), gérer les inscriptions et les créneaux d’un événement.

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande le plus souvent

  • Six semaines pour une JPO qui remplit : quinze jours de cadrage et de communication, quinze jours d’inscriptions, quinze jours de préparation du jour J. En dessous, vous aurez la salle mais pas le public.

    Le travail d’après, lui, se prépare avant : les créneaux d’entretien de la semaine suivante se bloquent dans les agendas avant même la JPO.

  • Le présentiel reste supérieur pour les métiers manuels et techniques : voir l’atelier décide plus qu’une présentation. Le distanciel élargit le périmètre géographique et convient aux familles qui ne peuvent pas se déplacer un samedi.

    Le format mixte fonctionne à une condition : ne pas diffuser la même chose. Une visite d’atelier filmée n’a aucun intérêt ; une session de questions-réponses en ligne, en semaine, en a beaucoup.

  • Trois leviers, dans l’ordre d’efficacité : raccourcir le délai entre l’inscription et l’événement, demander une confirmation active la veille plutôt qu’un simple rappel, et donner un créneau nominatif plutôt qu’une plage de quatre heures.

    Un quatrième aide beaucoup sur les publics jeunes : envoyer le rappel par message court plutôt que par courriel.

  • Oui, mais pas toutes et pas pour tenir un stand. Deux ou trois maîtres d’apprentissage qui racontent leur métier valent mieux que dix entreprises assises derrière une table.

    Et prévenez-les de ce que vous attendez : parler du métier et répondre aux questions des familles, pas recruter sur place.

  • Il n’existe pas de norme utilisable : le rendement dépend de votre bassin, de vos formations et de la période. Ce qui compte est votre propre référence, mesurée sur trois éditions comparables.

    Mesurez trois taux : inscrits sur visiteurs attendus, présents sur inscrits, et candidatures déposées dans les quinze jours sur présents. C’est le troisième qui dit si votre JPO sert à quelque chose.

Et si on regardait vos dossiers ?

Sur vos cas réels : votre pipeline, vos relances, votre tableau de bord. Vous verrez en direct ce que ça change sur une semaine de travail.