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Relation entreprise

Réussir et faire durer vos partenariats entreprise

Un vivier d’entreprises ne se constitue pas une fois pour toutes : il s’entretient, fiche par fiche et échange par échange. Méthode complète, dans un marché qui recule pour la deuxième année.

Saïd TamirMis à jour le 5 min de lecture

Un vivier d’entreprises ne se constitue pas, il s’entretient

Pendant les années de croissance de l’apprentissage, un portefeuille d’entreprises hérité suffisait : les mêmes partenaires revenaient chaque année, et il suffisait de décrocher son téléphone en juin.

Ce n’est plus vrai. 846 700 contrats ont débuté en 2025, soit −5 % par rapport à 2024, et 1 014 700 apprentis seulement étaient en contrat fin 2025, après 1 048 900 fin 2024 (DARES, séries longues du contrat d’apprentissage (nouvelle fenêtre), 27 février 2026, et DARES, tableau de bord des politiques de l’emploi (nouvelle fenêtre), 26 août 2026). Le recul se poursuit en 2026 : 95 200 contrats commencés à fin juin, soit − 2,2 % sur un an. Une partie de vos entreprises historiques ne recrutera pas cette année. Certaines ne le savent pas encore elles-mêmes.

Dans ce contexte, la qualité d’un portefeuille ne se mesure plus au nombre de fiches, mais à trois choses : savoir qui décide dans chaque entreprise, savoir ce qui s’est dit la dernière fois, et savoir qui n’a pas été contacté depuis six mois.

Étape 1 : Centraliser toutes vos entreprises dans un seul référentiel

Tant que le portefeuille vit dans des tableurs personnels et des carnets d’adresses, il n’existe pas : il appartient à des personnes, et il part avec elles.

Centraliser suppose trois décisions, à prendre une fois :

  • Une fiche par établissement, pas par entreprise juridique. C’est l’établissement qui accueille l’apprenti, qui a une adresse, un maître d’apprentissage et un temps de trajet.
  • Des champs obligatoires courts : raison sociale, numéro d’établissement, adresse, contact principal, statut de la relation. Une fiche à quarante champs obligatoires ne sera jamais remplie.
  • Un statut de relation lisible : à prospecter, en discussion, partenaire actif, en veille. Quatre états suffisent ; huit produisent des désaccords d’interprétation.

Étape 2 : Enrichir les fiches au lieu de les remplir à la main

C’est là que se cache la douleur réelle du métier : passer sa journée à chercher le bon interlocuteur et la bonne convention collective.

Une partie de ces informations est publique et structurée : identité de l’établissement, code d’activité, effectif, convention collective applicable, opérateur de compétences de rattachement. Elle n’a donc pas à être saisie à la main : elle se récupère à partir du numéro d’établissement.

Ce que cela change concrètement : la fiche est complète avant le premier appel, le conseiller sait à quel opérateur de compétences l’entreprise est rattachée avant de parler financement, et l’information reste juste quand l’entreprise change d’adresse ou de dirigeant.

Étape 3 : Gérer plusieurs contacts et plusieurs rôles par entreprise

Le décideur n’est presque jamais le premier contact. Dans une PME, la personne qui répond au téléphone n’est pas celle qui signera, et le maître d’apprentissage n’est ni l’une ni l’autre.

Prévoyez donc au minimum trois rôles distincts sur une fiche : le contact administratif (celui qui gère le dossier), le décideur (celui qui dit oui), et le maître d’apprentissage (celui qui accueillera le jeune au quotidien). C’est le troisième qu’il faut soigner : c’est lui qui déterminera si le contrat tient.

Étape 4 : Historiser chaque échange, y compris ceux qui n’ont rien donné

Un appel qui n’a rien donné est une information : il dit quand vous avez appelé, ce qui a été répondu, et quand il sera pertinent de rappeler.

Une ligne suffit, écrite le jour même : date, canal, interlocuteur, sujet, prochaine action. Trois mois plus tard, c’est ce qui permet de commencer un appel par « vous m’aviez dit de vous rappeler après la rentrée », la phrase qui transforme une sollicitation en relation.

C’est aussi ce qui protège votre organisation : quand un conseiller part, la relation reste.

Étape 5 : Personnaliser sans y passer la semaine

La personnalisation utile n’est pas dans la formule de politesse, elle est dans deux éléments : le rappel de ce qui s’est passé la dernière fois, et l’adaptation de ce que vous proposez au besoin réel de l’entreprise.

En pratique, un message construit sur un modèle standard auquel on ajoute une ligne spécifique (« vous cherchiez plutôt un profil disponible dès septembre ») obtient un tout autre traitement qu’un message générique, pour trente secondes de travail supplémentaire.

Étape 6 : Valoriser les entreprises qui s’engagent

Une entreprise qui accueille des apprentis depuis cinq ans mérite autre chose qu’un appel en juin quand vous avez un dossier à placer.

Trois gestes peu coûteux : l’inviter à vos JPO en tant que professionnelle, lui donner des nouvelles de l’apprenti qu’elle a accueilli l’an dernier, et la prévenir en premier quand un profil correspond à ce qu’elle cherchait. C’est ce qui fait qu’elle vous rappelle spontanément l’année suivante.

Trouver de nouvelles entreprises quand le vivier est saturé

Dans un marché qui se contracte, la prospection redevient un métier. Quatre pistes, par ordre de rendement décroissant :

  1. Les anciennes entreprises inactives. Celles qui ont accueilli un apprenti il y a deux ou trois ans et qu’on n’a plus rappelées. Le taux de réponse y est sans commune mesure avec la prospection froide.
  2. Les entreprises voisines de vos partenaires actuels. Même bassin, même secteur, mêmes besoins de compétences, et souvent, un maître d’apprentissage qui connaît déjà quelqu’un chez elles.
  3. Le réseau des apprentis eux-mêmes et de leurs familles. Sous-utilisé et redoutablement efficace sur les métiers de proximité.
  4. La prospection géographique autour de chaque site de formation. C’est la plus coûteuse en temps ; elle se justifie quand les trois premières sont épuisées, et elle demande d’être organisée par secteur d’activité, pas par ordre alphabétique.

Une règle commune à ces quatre pistes : une entreprise démarchée sans besoin identifié se souvient de vous comme d’un démarchage. Une entreprise démarchée avec un profil précis en tête se souvient de vous comme d’un partenaire.

Ce qu’un portefeuille bien tenu vous rend

Le retour sur investissement d’un portefeuille tenu n’est pas théorique. Il se voit à trois endroits : le temps qu’un conseiller met à trouver le bon interlocuteur, le nombre d’entreprises encore joignables en juin, et la vitesse à laquelle un remplacement se fait quand un contrat casse.

Sur la structure d’une fiche, voir ce que doit contenir une fiche entreprise. Sur la relance après un envoi de profil, obtenir un retour après une mise en relation. Et sur la partie outillée, gérer un portefeuille d’entreprises partenaires.

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande le plus souvent

  • En désignant un référent unique par entreprise, visible de tout le monde, et en autorisant tous les autres à consulter et à écrire dans l’historique. Le référent n’est pas propriétaire de la relation : il est responsable de sa continuité.

    Ce qui crée les incidents, ce n’est pas la multiplicité des interlocuteurs, c’est l’absence de trace : deux appels le même jour sur le même sujet, sans que l’un sache que l’autre a appelé.

  • Oui, et c’est presque toujours le point de départ. Prévoyez surtout le travail de dédoublonnage : un même établissement figure souvent trois fois, sous trois orthographes, avec trois contacts différents.

    Le numéro d’établissement est la seule clé fiable pour ce dédoublonnage. Les raisons sociales, elles, changent.

  • Trois chiffres par entreprise : le nombre de contrats signés depuis le début de la relation, le taux de réponse à vos sollicitations, et le nombre de ruptures survenues chez elle.

    Le troisième est celui qu’on oublie. Une entreprise qui recrute beaucoup et où les contrats ne tiennent pas coûte plus qu’elle ne rapporte, en temps de replacement comme en recette.

  • À chaque échange, en une ligne, sur le moment. Une mise à jour trimestrielle programmée n’a jamais tenu dans aucun service : elle se transforme en corvée reportée.

    La seule revue périodique utile est la revue des entreprises sans contact depuis plus de six mois. Elle prend une heure et rapporte des rendez-vous.

  • Oui, dans un cadre professionnel et sur un sujet en rapport avec la relation : dates de vos JPO, calendrier de l’alternance, évolutions réglementaires qui les concernent.

    Trois conditions : informer les personnes du traitement de leurs données, offrir une désinscription qui fonctionne, et supprimer ou anonymiser les contacts inactifs au bout de trois ans.

Et si on regardait vos dossiers ?

Sur vos cas réels : votre pipeline, vos relances, votre tableau de bord. Vous verrez en direct ce que ça change sur une semaine de travail.