Placement et sourcing candidat
Apprentis inscrits sans employeur : que faire avant la fin des trois mois
Les jeunes entrés en formation début septembre sans employeur arrivent au bout de leurs trois mois fin novembre. Ce délai est fixé par le code du travail et ne se prolonge pas. Voici ce qu'il implique pour vos démarches, pour votre trésorerie et pour l'organisation des sept semaines qui restent.
L'équipe PyramideMis à jour le 5 min de lecture
Trois mois, et pas un jour de plus
L'article L6222-12-1 du code du travail (nouvelle fenêtre) permet à une personne de 16 à 29 ans révolus, ou d'au moins 15 ans si elle a achevé le premier cycle du secondaire, de débuter un cycle de formation en apprentissage sans avoir encore été engagée par un employeur. Elle doit en faire la demande, et le texte fixe une limite : trois mois.
Pendant cette période, le jeune a le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Le même article donne au CFA une obligation claire : l'assister dans la recherche d'un employeur. Ce n'est pas un service en plus, c'est écrit dans la loi.
Le calcul est simple. Un jeune entré en formation le 1er septembre arrive au bout de ses trois mois fin novembre. À la mi-octobre, il reste donc environ sept semaines pour les entrées de début septembre, et moins encore pour celles d'août. Le texte ne prévoit aucune prolongation.
Ce que la période sans contrat change pour votre trésorerie
Le calendrier de paiement des OPCO est fixé par l'article R6332-25 du code du travail (nouvelle fenêtre), dans sa version applicable aux contrats conclus depuis le 1er juillet 2025. Pour un contrat de plus d'un an, l'OPCO verse chaque année une avance de 40 % du montant annuel dans les 30 jours suivant la réception de la facture du CFA, puis 30 % au septième mois et 20 % au dixième mois. Le solde suit.
Tout part du contrat. Le même article précise qu'une fois le contrat d'apprentissage conclu, le montant versé par l'OPCO prend en compte la période passée en CFA avant la signature. Tant que la signature n'a pas eu lieu, il n'y a donc pas de contrat sur lequel facturer, et vos équipes forment un jeune dont le financement reste en attente.
L'article L6222-12-1 ajoute un effet à connaître : quand le contrat est signé, sa durée est réduite du nombre de mois écoulés depuis le début du cycle. La loi précise que les coûts de formation de la période sans contrat peuvent être pris en charge par les OPCO selon des modalités fixées par décret. Pour le détail applicable à un dossier précis, la réponse de l'OPCO de l'employeur fait foi.
Les démarches à tenir pendant ces trois mois
Le statut de stagiaire de la formation professionnelle entraîne des obligations administratives pour le CFA. Centre Inffo les détaille (nouvelle fenêtre) dans une fiche mise à jour le 18 mars 2026 :
- remplir et conserver le formulaire Cerfa P2S n° 12576*03, la demande de prise en charge des cotisations de sécurité sociale des stagiaires non rémunérés ;
- en cas d'accident, envoyer sans délai la déclaration d'accident avec ce formulaire à la caisse primaire d'assurance maladie de rattachement du CFA ;
- y faire référence à l'article L6222-12-1, de préférence par un courrier qui précise que le jeune est stagiaire de la formation professionnelle avant la signature de son contrat.
Selon la même fiche, la protection sociale de ces stagiaires non rémunérés est financée par l'État. Un dossier incomplet ne se voit pas tant que tout va bien. Il se voit le jour d'un accident.
Ne pas confondre avec les six mois après une rupture
Un autre délai circule dans les équipes, et il ne s'applique pas à la même situation. L'article L6222-18-2 du code du travail (nouvelle fenêtre) vise l'apprenti dont le contrat a été rompu. Le CFA prend alors les dispositions pour qu'il suive sa formation théorique pendant six mois et contribue à lui trouver un nouvel employeur. L'apprenti a, là aussi, le statut de stagiaire de la formation professionnelle.
Dans ce cas, le VI de l'article R6332-25 prévoit que l'OPCO maintient ses versements au prorata du temps passé, jusqu'à la signature d'un nouveau contrat ou jusqu'à l'expiration des six mois. Rien de tel pour le jeune qui n'a jamais signé : pour lui, ce sont trois mois, et le financement suit la signature. Mélanger les deux régimes dans un tableau de suivi, c'est se donner trois mois de marge qui n'existent pas.
Un plan pour les sept semaines qui restent
Le délai est fixé par la loi. Ce qui reste entre vos mains, c'est la vitesse de la mise en relation. Voici l'ordre de travail que nous recommandons.
- Dresser la liste nominative. Pour chaque jeune sans contrat : date d'entrée, date limite à trois mois, formation, secteur visé. Trier par échéance, pas par ordre alphabétique.
- Faire l'état de chaque recherche. Entreprises sollicitées, entretiens obtenus, réponses en attente. Un jeune sans aucune mise en relation depuis deux semaines passe en tête de liste.
- Relancer les entreprises silencieuses. Une candidature envoyée sans réponse depuis dix jours est une candidature à relancer. Des relances programmées évitent qu'elle tombe dans l'oubli.
- Élargir le vivier. Rechercher dans votre portefeuille les entreprises dont les besoins correspondent au profil, y compris celles qui n'ont pas recruté depuis un an. C'est le rôle d'un outil de matching : rapprocher un profil des besoins déclarés par vos entreprises partenaires.
- Préparer le contrat dès l'accord. Chaque jour perdu entre le oui de l'entreprise et la signature retarde le premier versement. Un projet de contrat prérempli dès l'accord fait gagner ces jours.
- Anticiper les cas sans issue. Pour les jeunes qui n'auront pas d'employeur à l'échéance, organiser l'entretien d'orientation avant la date limite, pas après.
Ce qu'un directeur de CFA doit regarder chaque semaine
Trois chiffres suffisent pour piloter cette période : le nombre de jeunes sans contrat par formation, leur répartition par semaines restantes avant l'échéance, et le nombre de mises en relation de la semaine pour chacun. Si le premier baisse moins vite que le troisième ne monte, le problème est dans la conversion, pas dans le volume.
Ces chiffres se lisent sans recomptage quand le suivi des admissions et de la relation entreprises vit au même endroit. C'est précisément ce que couvre un CRM pour CFA, et ce que nous détaillons sur notre page pour les directeurs de CFA.
Sources
- Code du travail, article L6222-12-1 (nouvelle fenêtre), Ministère du Travail, Code du travail numérique, version en vigueur depuis le 1er janvier 2019
- Code du travail, article R6332-25 (nouvelle fenêtre), Ministère du Travail, Code du travail numérique, mis à jour le 30 juin 2025
- Code du travail, article L6222-18-2 (nouvelle fenêtre), Ministère du Travail, Code du travail numérique, mis à jour le 23 août 2019
- Apprenti sans employeur : quelles démarches le CFA doit-il réaliser ? (nouvelle fenêtre), Centre Inffo, 8 février 2024, mis à jour le 18 mars 2026
Questions fréquentes
Ce qu’on nous demande le plus souvent
Trois mois au plus, selon l'article L6222-12-1 du code du travail. Pendant cette période, il a le statut de stagiaire de la formation professionnelle et le CFA doit l'aider à trouver un employeur. Le texte ne prévoit pas de prolongation.
Une fois le contrat d'apprentissage conclu, l'article R6332-25 du code du travail prévoit que le montant versé par l'OPCO prend en compte la période passée en CFA avant la signature. Pour un dossier précis, la réponse de l'OPCO de l'employeur fait foi.
Les six mois de l'article L6222-18-2 concernent un apprenti dont le contrat a été rompu. Dans ce cas, l'OPCO maintient ses versements au prorata jusqu'à un nouveau contrat ou pendant six mois au plus. Le jeune qui n'a jamais signé relève, lui, du délai de trois mois.
Vous voulez voir ce que ça donne sur vos dossiers ?
On ouvre la plateforme sur votre cas : vos candidats, vos entreprises, vos relances en retard. Pas de diaporama.